Traiter la dépression par candida albicans avec l’acupuncture

avril 15, 2024
Philippe Sionneau
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La candidose chronique polysystémique est à mon avis une forme assez moderne de dépression. Elle consiste en une prolifération chronique du candida albicans dans l’ensemble du corps. Elle touche surtout les systèmes suivants :

  • Système digestif : muguet, ballonnements, gaz intestinaux, douleur intestinale, prurit anal, trouble de transit…
  • Système urogénital : vaginite, mycose vaginale, cystites à répétition…
  • Système endocrinien : troubles menstruels, dysménorrhée, syndrome prémenstruel, attirance pour le sucré…
  • Système nerveux : dépression mentale, cyclothymie, irritabilité, difficultés de concentration, perte de mémoire…
  • Système immunitaire :allergies, déficience immunitaire, maladies auto-immunes…
  • Système cutané : prurit, psoriasis, eczéma sec, acné, éruptions, urticaire…

A cela il faut ajouter des symptômes généraux qui sont très fréquents : fatigue chronique, perte de la force physique, sensation de malaise général, diminution de la libido. Une des clés à mon avis pour être certain du diagnostic, est la présence de candida à un endroit ou un autre sur le corps. Les principaux sites où il se manifeste sont : vagin, anus, voies urinaires, orteils, ongles, langue, bouche, gorge, nez, peau, intestins.

Facteurs favorisant la prolifération du candida albicans

Les facteurs qui prédisposent à la prolifération du candida albicans sont :

  • Traitements par antibiotiques(en particulier les tétracycline et pénicilline).
  • Traitements par corticoïdes.
  • Traitements avec hormones de synthèse
  • Grossesse
  • Pilule contraceptive
  • Chimiothérapie anticancéreuse, radiothérapie
  • Alimentation riche en sucres rapides, en pain ou en alcool
  • Stress émotionnel
  • Déficit immunitaire

La femme moderne stressée par une vie professionnelle et familiale excessive, par la prise de pilules contraceptives et une alimentation souvent tournée vers les sucres rapides favorisent considérablement le développement du nombre de femmes atteintes par la candidose chronique polysystémique.

Diagnostic de la dépression par candidose chronique polysystémique

Pourque nous puissions diagnostiquer une dépression mentale par candidose chronique polysystémique, nous devons voir réunis les manifestations cliniques suivantes:

  • Dépression mentale ou humeur dépressive (quasi permanente ou traînante) et/ou cyclothymie ou accès de pleurs et de déprime sans raison valable. Les caractéristiques des signes psychiques sont extrêmement proches de celles du syndrome dépressif (yù zhèng 郁证) ou de l’hystéro-dépression (zàng zào 脏躁) par surpression du foie (gān yù 肝郁). Pour avoir plus d’informations détaillées sur ces troubles psycho-émotionnels, je vous suggère la lecture de « Comprendre et traiter la dépression mentale en médecine chinoise » (Guy Trédaniel Editeur – Paris)
  • Dépression mentale chronique qui résiste ou qui répond mal aux traitements habituels.
  • De la fatigue chronique (intellectuelle ou physique) voire de l’épuisement.
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  • Une manifestation de candida albicans. Les principaux sites en dehors du gros intestin sont : vagin  (leucorrhée, irritation vaginale, prurit, sensation de brûlure…), anus (prurit, suintement, sensation de brûlure, rougeur), orteils ou doigts (pieds d’athlète), langue (glossite, muguet), bouche (aphte candidosique, muguet…), peau (psoriasis, prurit…).
  • Troubles digestifs : ballonnements, gaz intestinaux, douleur intestinale, souvent alternance constipation/selles liquides, inappétence, distension épigastrique après les repas…
  • De manière plus variable, nous pouvons voir aussi :
  • Syndrome prémenstruel [où notamment la dépression « chronique » est aggravée avant les règles]
  • Cystite à répétition.
  • Baisse de la libido.
  • Troubles de la concentration et de la mémorisation, troubles du sommeil malgré la fatigue.

Cette liste n’exclut pas toutes les autres possibilités pathologiques induites par une candidose chronique polysystémique, comme les rhumes fréquents, allergie de toute nature (mais qui sont récentes et à des produits qui ne posaient pas de problème auparavant), répulsion à certaines odeurs (tabac, parfum fort, essence, lessive…), les maladies auto-immunes, etc. Cependant, cette énumération correspond à ce qui me semble de plus permanent et de plus courant chez nos patientes. Je dis patientes car dans la majorité des cas, ce sont les femmes qui en souffrent.

Le syndrome clé de ce type de dépression est à mon avis la dysharmonie foie/rate avec humidité chaleur, vide de sang du cœur et du foie et/ou de vide de yīn des reins, et/ou vide du yáng des reins. Je suis conscient que ce syndrome semble très complexe. Dans la réalité, la situation peut être encore plus sophistiquée. En effet, sur cette base peut s’ajouter des mucosités et/ou une stagnation d’aliments et/ou une stase de sang. Ceci peut paraître exagéré mais malheureusement relève d’une simple observation.

Qui n’a pas vu dans sa pratique clinique, une femme de 30-55 ans avec une humeur dépressive, une cyclothymie, des gaz intestinaux, des cystites à répétition ou des leucorrhées chroniques, un syndrome prémenstruel et une grande fatigue ? Il est très fréquent de voir des femmes dépressives ayant 4, 5, 6 syndromes intriqués, voire davantage. Ceci se voit plus fréquemment en pratique qu’une simple surpression du foie isolée.

Précisons qu’en médecine occidentale il n’est pas toujours facile de diagnostiquer la candidose chronique polysystémique. En effet, la symptomatologie est si diversifiée et si disparate, qu’elle amène rarement le praticien à penser au candida albicans. Si l’on souhaite compléter le diagnostic chinois, il est possible d’utiliser le célèbre questionnaire du Dr William Crook (1) qui semble avoir une assez bonne fiabilité. Celui-ci bien entendu vous permettra surtout de vous assurer que votre patient souffre bien de candida albicans, mais il ne vous donnera pas le diagnostic différentiel à la chinoise. Celui-ci demeure essentiel et incontournable si vous souhaitez guérir en profondeur et radicalement votre patient. Cliquez ici pour avoir le questionnaire en anglais.

Causes et mécanismes de la prolifération du candida albicans

Le déséquilibre de la flore intestinale provient souvent de l’usage abusif d’antibiotiques. Non seulement sous forme de médicaments mais aussi en quantités non négligeables dans la plupart des aliments carnés et les produits laitiers que nous consommons. Ces substances font disparaître une grande quantité de «bonnes » bactéries intestinales favorisant ainsi le développement anormal de certains champignons et autres mycoses de la flore, rompant ainsi l’équilibre .Même les personnes refusant de consommer des antibiotiques lorsqu’ils sont malades ne sont pas à l’abri. En mangeant des viandes d’élevage, volailles ,bœuf, porc, mouton, etc., nous ingérons insidieusement de petites quantités d’antibiotiques en permanence pendant des années.

Elles tendent 1- à déséquilibrer notre flore intestinale 2- à rendre inefficaces certains antibiotiques 3- à provoquer des allergies aux antibiotiques. Or, selon la médecine chinoise les antibiotiques sont amers et froids, deux caractères qui tendent à léser le qì de la rate. Il est à noter que d’autres médicaments froids et amers comme certains remèdes contre l’ulcère de l’estomac ont le même effet sur la rate et la flore intestinale.

Nous pouvons ensuite évoquer l’influence hormonale. La prolifération mycosique est également favorisée par certaines hormones, ce qui explique pourquoi le candida albicans se multiplie lors de la deuxième phase du cycle et durant la grossesse, sous l’impulsion de la progestérone. En effet, le candida albicans possède des récepteurs membranaires qui fixent la progestérone provoquant des troubles induits par un excès relatif de folliculine (2). Ainsi, l’hormonothérapie et l’usage de corticoïdes favorisent la prolifération des mycoses.

La progestérone est de nature yáng. Elle tiédit le yáng des reins. Une consommation excessive peut agiter le feu ministre qui tend alors à transformer l’accumulation d’humidité en humidité chaleur ou toute stagnation de qì (d’origine émotionnelle) en surpression de chaleur. Les corticostéroïdes sont tièdes, piquants et dispersants. Ils transforment le jīng (精) en yáng qì pour expulser les pervers. Cela tend à léser le yīn, à rendre le yáng hyperactif et à transformer l’humidité en humidité chaleur. Enfin, les œstrogènes sont de nature yīn. Ils nourrissent le jīng (精). Pris en quantités importantes, ils provoquent une accumulation d’humidité, voire de mucosités.

L’alimentation est le troisième facteur de déséquilibre de la flore intestinale. Et en particulier la consommation excessive de sucre. Jamais dans l’histoire connue de l’humanité, l’être humain n’avait consommé autant de sucre. Cette consommation est aberrante et vient nourrir les champignons et autres levures qui adorent les sucres rapides. Le doux en petite quantité renforce la rate, engrosse quantité il affaiblit la rate en générant de l’humidité. Lorsque cette humidité s’accumule, elle obstrue la circulation du qì qui à son tour stagne, et à la longue se transforme en chaleur, induisant de l’humidité chaleur.

La diminution des sécrétions digestives (principalement sucs gastriques, enzymes pancréatiques, bile) favorise aussi le développement du candida albicans et surtout sa migration en dehors des voies intestinales. De plus, une carence des enzymes pancréatiques induit une digestion partielle de certaines protéines qui est à l’origine de certains troubles comme les allergies alimentaires ou autres métabolites toxiques. En médecine chinoise, les sécrétions digestives correspondent aux fonctions de transport/transformation de la rate/estomac. Encas de déficience du couple terre, ces sucs ne sont plus produits suffisamment et les mycoses ne sont plus contrôlées. Il faut entendre que les aliments stagnent, ne sont plus correctement transformés et que l’humidité se développe, se transforme en chaleur et s’accumule à travers tout le corps.

Autre fait important, la carence de certains nutriments essentiels comme la vitamine A ou B6, le sélénium, le magnésium, le fer, l’acide folique, les acides gras polyinsaturés, favorisent aussi le développement de certaines mycoses. A quoi correspondent les nutriments en médecine chinoise ? Et bien tout simplement au jīng (精) des aliments, au qì et au sang que la rate participe à produire à partir de la transformation des aliments. Un vide de rate, à nouveau, favorise une carence en qì, en sang, en jīng (精). Toutes ces déficiences peuvent entraîner un dysfonctionnement de tous les zàng fǔ, du qì défensif et nourricier, des tissus, etc.

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En termes de médecine occidentale, les toxines libérées par les mycosessont absorbées par les intestins et migrent dans le sang. Lorsque le corpsfonctionne correctement, c’est le foie qui filtre le sang. Lorsque cet organene fait pas correctement son travail, les toxines sont éliminées par d’autresvoies : par exemple la peau, les menstruations, les muqueuses, etc. provoquantdes troubles tels que le psoriasis, le syndrome prémenstruel, le muguet…Ce type de problème peut indiquer un défaut de filtrage du foie. Le mauvais  fonctionnement du foie prend une part activedans les conséquences d’une prolifération des toxines des mycoses dans le sang.En médecine chinoise, on ne parle pas de fonction d’épuration du foie àproprement parler, bien que l’on dise quand même qu’il draine. En fait, cedéséquilibre du foie (version chinoise) est plutôt à comparer à la surpressiondu foie et stagnation du qì (gān yù qì zhì 肝郁气滞) qui ne permet plus unecirculation fluide du qì et du sang dans l’organisme. Or, que constatons nousdans le syndrome candidose chronique polysystémique ? Les troubles de l’humeursont très proches de ceux d’une surpression du foie. N’oublions pas égalementque le foie met en réserve une bonne partie du sang et le libère en fonctiondes besoins du corps. Ceci démontre un lien supplémentaire entre sang et Foie.Si les toxines provenant du candida albicans ne sont pas bien filtrées par lefoie, elles favorisent la candidose chronique polysystémique produisantnotamment dans l’optique qui nous intéresse ici des troubles psychologiques detype surpression du foie.

En résumé, le déséquilibre de la flore intestinale avec prolifération du candida albicans implique un vide de rate, une surpression du foie, une humidité chaleur, un vide de sang du cœur et éventuellement un vide du yáng et/ou du yīn des reins, une stagnation d’aliments, des mucosités. Cette intrication de syndromes se rapproche du scénario du feu yīn (yīn huǒ 阴火) de Lǐ Dōng Yuán (3) 李东垣 (1180-1251).

Enfin, n’oublions pas les choses suivantes. En observant la nature, nous pouvons aisément voir que les champignons prolifèrent en terrain humide et de préférence chaud, et qu’ils colonisent les individus faibles, déficients, comme les parasites qui se développent sur un arbre malade ou affaibli. Enfin les moisissures se multiplient surtout sur les déchets ou sur ce qui est mort. Ces observations nous montrent sous un autre angle les mécanismes en jeu : le vide du qì régulier (ici le vide de rate), un pervers (ici l’humidité qui fait un nid douillet au candida albicans) et des déchets (la stagnation d’aliments et de selles dans les intestins).

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Traiter la dépression par candidose chronique polysystémique avec l’acupuncture

L’acupuncture peut se révéler utile pour améliorer certains symptômes comme sentiment dépressif, fatigue, insomnie, douleur abdominale, syndrome prémenstruel, trouble du transit, etc. Mais pour avoir une action profonde et non pas seulement symptomatique il faut mettre en place une stratégie adaptée. Selon Heiner Fruehauf, la maladie chinoise qui se rapprocherait le plus à ces formes de prolifération mycosique pathogène serait les parasites gǔ (gǔ chóng蛊虫) appelé encore distension du gǔ (gǔ zhàng 蛊胀) ou bien toxine du gǔ (gǔ dú 蛊毒). Ces parasites de nature invisible seraient à l’origine de maladies chroniques difficiles à traiter, dont les multiples facettes touchent différents systèmes, avec des symptômes très divers et intriqués, impliquant un mélange de nombreux syndromes.

Lorsde mes recherches j’ai trouvé une formule de points d’acupuncture qui estparfaitement adaptée au traitement des parasites gǔ (gǔ chóng蛊虫). Elle esttirée du Zhēn Jiǔ Dà Chéng (4) 针灸大成 (Compendium de l’acupuncture et de lamoxibustion) et indiquée pour traiter les distensions du gǔ (gǔ zhàng 蛊胀).L’explication de la formule et les modifications sont personnelles, seule lacomposition de la formule et son indication provient du classique.

GǔZhàng Fāng 蛊胀方 (Formule pour la distensiondu gǔ) :

TF 6 (zhī gōu 支沟), GI 4 (hégǔ 合谷), GI 11(qū chí 曲池), RM 9 (shuǐ fēn 水分), E 36 (zú sān lǐ 足三里), Rt 6 (sān yīn jiāo 三阴交), F 2 (xíng jiān 行间), E 44 (nèi tíng 内庭)

Explicationde la formule :

E 36 (zú sān lǐ 足三里) et Rt 6 (sān yīn jiāo 三阴交) renforcentla rate et augmentent le qì. De plus E 36 (zú sān lǐ 足三里) prévient l’accumulation d’humidité enassociation avec RM 9 (shuǐ fēn 水分) et Rt 6 (sān yīn jiāo 三阴交)en particulier dans l’estomac et les intestins, le foyer central et le foyerinférieur. Enfin E 36 (zú sān lǐ 足三里) prévient la génération de mucosités. C’est l’une des aiguillesmaîtresses des mucosités. Rt 6 (sān yīn jiāo 三阴交) active lesang et prévient les stases de sang, en particulier en association avec GI 4 (hégǔ 合谷) avec qui il constitue une formule clé pourmobiliser le qì et le sang dans l’ensemble du corps.

F 2 (xíngjiān 行间) et TF 6 (zhī gōu 支沟) dispersentle foie, éliminent la surpression, clarifient le foie et la vésicule biliaire,éliminent l’humidité chaleur spécialement sur l’axe bois et shào yáng 少阳. En drainant la plénitude du bois, ils permettent un meilleurfonctionnement de la terre, favorisent l’harmonie entre le foie et la rate. Deplus F 2 (xíng jiān 行间) élimine l’humidité chaleur et lesparasites (chóng 虫) du canal du foie, en particulier dans la régiongénitale. C’est un point clé pour traiter les mycoses vaginales. De plus, c’estle point le plus puissant du zù jué yīn 足厥阴 pour traiter de multiplestroubles psychiques selon les grands classiques de l’acupuncture. TF 6 (zhī gōu 支沟) permet unemeilleure circulation de l’eau dans la voie des eaux (i.e. le trois foyers),évitant ainsi les accumulations d’humidité, spécialement s’il est associé à RM9 (shuǐ fēn 水分). En outre, il favorise l’évacuation des selles cequi empêche la stagnation de qì voire d’aliments dans l’estomac et le grosintestin évitant la production de chaleur et d’humidité chaleur si propice audéveloppement du candida albicans. Enfin, TF 6 (zhī gōu 支沟) draine les accumulations dans larégion thoracique latérale : feu, qì, sang, mucosités… spécialement s’il estassocié à F 2 (xíng jiān 行间).

GI 4(hé gǔ 合谷), GI 11(qū chí 曲池) et E 44 (nèi tíng 内庭) clarifient la chaleur du yángmíng 阳明. La prolifération du parasite gǔ 蛊 est provoquéeici par le vide de rate qui favorise l’accumulation d’humidité qui sur le longterme et aider par la chaleur du foie provenant de la surpression, setransforme en chaleur. Les parasites font leur lit dans l’humidité chaleur. Cestrois points permettent d’éliminer cette chaleur, et plus précisément cettehumidité chaleur lorsqu’ils sont associés au RM 9 (shuǐ fēn 水分)dans les organes fǔ du yáng míng阳明: estomac [c’est le rôle spécifique de E44 (nèi tíng 内庭)] et gros intestin [c’est le rôlespécifique de GI 4 (hé gǔ 合谷) et GI 11 (qū chí 曲池)]. De plus GI 4 (hé gǔ 合谷)mobilise le qì. GI 11 (qū chí 曲池)quant à lui élimine l’humidité chaleur de la surface, traitant ainsi les obstructions (bì 痹) et les maladiescutanées. E 44 (nèi tíng 内庭) draine le feu interne qui agite l’esprit (shén 神).

RM 9 (shuǐ fēn 水分) comme nous venons de le voir à plusieursreprises permet de favoriser l’élimination de l’humidité trouble en particulierlorsqu’il est associé à E 36 (zú sān lǐ 足三里) et TF 6 (zhī gōu 支沟), ou l’humidité chaleur lorsqu’il est associé à E 44 (nèi tíng 内庭).

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Modifications :

  • En cas de dépression mentale, ajouter EC 5 (jiān shǐ 间使) et DM 24 (shén tíng 神庭).
  • En cas de pensées obsessionnelles, ruminations, cauchemars, ajouter Rt 5 (shāng qiū 商丘).
  • En cas d’insomnie, ajouter Rt 1 (yǐn bái 隐白) et ān mián (安眠).
  • En cas d’épuisement, ajouter Rt 3 (tài bái 太白).
  • En cas de candida albicans au niveau vaginal, ajouter F 5 (lì gōu 蠡沟) et/ou F 1 (dà dūn 大敦).
  • En cas de candida albicans au niveau anal, ajouter DM 1 (cháng qiáng 长强) et/ou V 57 (chéng shān 承山).
  • En cas de candida albicans au niveau des orteils, ajouter bā fēng (八风).
  • En cas de candida albicans au niveau des doigts, ajouter bā xié (八邪).
  • En cas de candida albicans au niveau de la bouche ou de la langue, ajouter RM 24 (chéng jiāng 承浆), DM 26 (rén zhōng 人中).
  • En cas de candida albicans au niveau de la peau, ajouter Rt 10 (xuè hǎi 血海), DM 10 (líng tái 灵台).
  • En cas de ballonnements, de gaz intestinaux, douleur abdominale, ajouter E 25 (tiān shū 天枢).
  • En cas d’alternance constipation/ diarrhée, ajouter RM 10 (xià wǎn 下脘), E 25 (tiān shū 天枢).
  • En cas de distension épigastrique après les repas et/ou inappétence, ajouter RM 12 (zhōng wǎn 中脘) et/ou E 21 (liáng mén 梁门).
  • En cas de syndrome prémenstruel, ajouter EC 5 (jiān shǐ 间使), Rt 10 (xuè hǎi 血海).
  • En cas de cystite à répétition, ajouter RM 3 (zhōng jí 中极).
  • En cas de baisse de la libido, ajouter Rn 2 (rán gǔ 然谷).
  • En cas de troubles de la concentration et de la mémorisation, troubles du sommeil malgré la fatigue, ajouter C 7 (shén mén 神门).

Après de nombreuses applications, j’ajoute systématiquement F 5 (lì gōu 蠡沟) à la formule du Zhēn Jiǔ Dà Chéng 针灸大成 (Compendium de l’acupuncture et de la moxibustion). En effet, ce point œuvre alors sur la surpression du foie, l’humidité chaleur, le prurit vulvaire, les leucorrhées et le sentiment dépressif. C’est un parfait complément de Gǔ Zhàng Fāng 蛊胀方 (Formule pour la distension du gǔ). J’ose affirmer que F 5 (lì gōu 蠡沟) est un grand point pour la candidose vaginale ou la candidose chronique polysystémique.

Pour terminer, je voudrais préciser que la partie sur le candida albicans est inspirée par un article de Heiner Fruehauf : « Demon of the Body of the Mind : Ancient Chinese Parasitology and the treatment of Gu Syndrome in Modern Clinical Practice », tiré de California Journal of Oriental Medicine, May, 1997 et également par mon ami Bob Flaws avec qui j’ai eu le privilège de collaborer de nombreuses années à la publication d’une dizaine d’ouvrages en anglais. Toute la partie acupuncturale est fondée sur mes recherches et ma pratique.

Si cet article vous inspire, venez apprendre beaucoup plus à la Formation Supérieure en Acupuncture : https://formation-en-acupuncture.com/

Notes :

(1) « The Yeast Connection ». Livre de William G. Crook. Professional Books, 1983.

(2) « Steroid Hormone System Found in Yeast ». Article de David Feldman, tiré de Science magazine, August, 1994.

(3) Lǐ Gǎo 李杲 (1180-1251) alias Lǐ Dōng Yuán 李东垣 alias Lǐ Míng Zhī 李明之 est considéré comme le troisième des quatre grands maîtres de l’époque Jin/Yuan. C’est le chef de file de l’école de la tonification de la terre (bǔ tǔ pài 补土派). En effet, à travers son œuvre, il mit en avant le dérèglement de la rate et de l’estomac comme cause majeure des maladies (en dehors des lésions externes). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages comme par exemple le Yī Xué Fā Míng 医学发明 (Eclaircissement de la science médicale), le Nèi Wài Shāng Biàn Huò Lùn 内外伤辨惑论 (Traité sur les erreurs de différenciations des atteintes internes et externes), le Pí Wèi Lùn 脾胃论 (Traité de la rate et de l’estomac) et le Lán Shì Mì Cáng 兰室秘藏 (Les secrets cachés de la chambre de l’orchidée), etc. Même s’il est difficile de faire un palmarès, Lǐ Dōng Yuán peut être considéré comme l’un des dix plus importants personnages de la tradition médicale chinoise.

(4) Le Zhēn Jiǔ Dà Chéng 针灸大成 (Compendium de l’acupuncture et de la moxibustion) est un ouvrage écrit par Yáng Jì Zhōu 杨继洲 (1522-1620) sous la dynastie Ming et publié en 1601. Il présente une synthèse de l’ensemble des connaissances sur l’acupuncture et la moxibustion de son origine jusqu’à son époque. Ses nombreuses formules et techniques d’aiguilles inspirèrent de nombreuses générations d’acupuncteurs jusqu’à nos jours. Il est à noter que les indications des points d’acupuncture proviennent intégralement du Zhēn Jiǔ Jù Yīng 针灸聚英 (Collection du meilleur sur l’acupuncture et la moxibustion) publié en 1529 et écrit par Gāo Wǔ 高武.